Je me rappelle encore de ma dernière émotion musicale électronique canadienne (que ceux qui imaginent qu'elle s'appelle Boards of Canada sortent de suite - car ceux-ci sont connus depuis longtemps et sont écossais ! ) : il s'agissait de DJ Champion, héros de Montréal, rencontré fortuitement sur le teaser de Borderlands, jeu vidéo survitaminé.
Restant sur cette agréable émotion, et un vague sentiment de frustration né de mon incapacité à appréhender la totalité de cette scène musicale, je ne m'attendais pas à prendre dans la figure, au détour cette fois-ci d'une page des Inrocks, cette vénérable formation émergeant de la scène indé de Toronto.
L'hebdo bobo n'a pas manqué en effet d'encenser le troisième album de cette sacrée bande, baptisé Latin. Remarqué et remarquable, ce LP mérite de nombreux superlatifs. Lyrique, généreux, inspiré, enlevé, urgent, intelligent, cultivé, tout le vocabulaire du pigiste musical trouve rapidement à s'épuiser à l'écoute des 9 – trop courtes – pistes.
Après une intro progressive, que ne désavourait pas les Midnight Juggernauts, nos sacrés amis expédient dans une dance sautillante, méticuleuse, digne de récupérer les quadras ne jurant plus que par LCD Soundsystem.
Red Lights – dont un extrait live époustouflant traîne sur le web – m'a également renvoyé aux scandinaves Röyksopp et à leur mélodie matinale (je me demande d'ailleurs s'il n'y a pas eu du sampling méthodique, pauvre Leno).
Erreur fatale, guru meditation et autres écrans bleus : je supposais à tort que la suite ne pouvait que me décevoir... Latin America tutoie les ambiances crépusculaires de Christophe Beck – dont la BO du film Confidence demeure l'exemple le plus extraordinaire (au sens éthymologique du terme).
De la balade Stay Lit, au gai Silva & Grimes, du binaire SHT MTN à l'empressé Stilettos, aucune piste ne démérite : aucun décrochage possible n'est envisageable ni envisagé à bord de cet aéronef électro. Lucky, enfin, prépare la trop rapide sortie conclusive P.I.G.S.
Et j'en viens à la critique déjà formulée : si mes albums cultes se ramassent tous autour des trois quart d'heure, je suis resté frustré à la fin de cette parenthèse enchantée, qui n'a su remplir que le 1/5e de mon trajet en TGV.
Il ne me restera plus donc qu'à explorer leurs précédentes productions afin d'espérer nourrir mon été au soleil (et les 16 Go de mon iPhone).



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