Annoncé comme le dernier opus du collectif/groupe/happening tracté par le duo Damon Albarn (mzk) / Jamie Hewlett (gfx) , Plastic Beach arrive à placer son auditeur sur l'orbite souhaitée...
Sur le papier : les collaborations s'annonçaient bluffantes (Lou Reed, Snoop Dog, Mos Def, Mick Jones etc etc). En pratique : le charme agit insidieusement au fur et à mesure des écoutes, justifiant ainsi certains commentaires désabusés de critiques n'y trouvant rien d'évident. Et pourtant.
Premier sorti des plages artificielles, le très urbain Stylo a placé sans aucun doute (Julien Courbet ne démentira pas) la barre très haut. Nappes, synthés binaires soutenus par Mos Def et Bobby Womack, rien ne jure dans ce titre trip-hop renvoyant directement aux meilleures pulsions de sympathie infinie provenant de leurs homologues de Massive Attack.
Le cadre est donc posé. Gorillaz achèvera son parcours sur une très sombre hip-hop, urbaine, anglo-saxone, bouclant ainsi ce cycle débuté fin 90', sur les cendres encore brûlantes de britpop (Blur), de trip/hip-hop et de dub.
Contrairement à de nombreux critiques, je reste bluffé de la paradoxale homogénéité se dégageant de titres semblant a priori antagonistes. De l'ouverture orchestrale (Orchestral intro) au ludique Superfast Jellyfish, la mayonnaise prend sans effort. Et l'on se dit à ce stade d'écoute : déjà 6 titres ?! et... mince encore 12 titres à ce rythme ?!
La course poursuite nous opposant au Murdoch virtuel se révèle tout aussi aérienne : soutenus par les brillantissimes Little Dragon, Gorillaz nous expédie un Empire Ants - finalement mon morceau préféré de ce printemps 2010 - qui scotchera les nostalgiques définitifs des lignes de basses électroniques se fondant à de prétentieuses rythmiques tout aussi synthétiques.
Sur ce parcours, vous ne pourrez qu'accepter de prendre en auto-stop un Lou Reed au flegme total jugeant définitivement de la nature des choses (Some Kind of Nature) ou de vous égarer sur une - très convenue et clichée mais imparable - colline emplie de mélancolie (On Melancholy Hill).
La conclusion s'effectue sur la même note orchestrale qu'à l'ouverture, nous laissant divaguer vers la possible conclusion sous-tendant l'ensemble de l'oeuvre (me laissant personnellement un goût de cartoon des fifties). Car Damon Albarn et Jamie Hewlett nous ouvrent bien au final des portes narratives illimitées, nous glissant une course-poursuite avec Bruce Willis de ci, un vol en deltaplane de là (cf. le jeu vidéo sur le site) et une trame d'intrigue (Murdoch se débarassant de ses pairs) : et si cela se terminait par un long métrage ?


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