jeudi 8 octobre 2009

Benjamin Diamond - Cruise Control (2008)

Comment se forger une notoriété dans le (très fermé) milieu de la French Touch ? Parmi les ingrédients demeurent avec certitude : un goût pour le pillage de toutes les résonances musicales s'échappant des années 70 /80, une furieuse empathie pour les déglingués du Dance Floor, un zest de mystère. Et pour cela, les plus censés auraient évité d'emprunter un nom de scène digne d'un acteur de l'écurie Marc Dorcel.


Cela n'a pourtant pas fait peur à notre Benjamin Cohen national, imaginant que ce blaze illustrerait à merveille ses multiples facettes, sa réelle complexité, touche à tout malin oscillant entre cinéma, animation glitter sur les dancefloors avec un des Daft Punk et production de pépites musicales.

Son troisième album, Cruise Control, publié en 2008 sous son propre label Diamondtraxx confirme - s'il en était besoin - la clairvoyance de ce garçon, capable en 11 titres, de fusionner cette culture pop qui a pétri nombre de trentenaires (presque) futurs quadra.

1000 lives (quasi autobiographique ?) ouvre cet album, et invite à une sympathique balade sous régulateur de vitesse... fraîche, entrainante, inoffensive, la mélodie vous berce gentiment vers des cieux bleutés couleur EDF.

Car le ton est donné : la seule rébellion perceptible dans ce LP réside dans la farouche volonté du diamantaire à s'abstraire des circuits habituels de diffusion. Le fond est consensuel, attendu, déjà entendu.

Mais on se surprend à se laisser porter, l'écoute d'affilée des 11 pistes permettant de condenser du Happy Mondays (Still), du Billy Idol (Baby's on Fire), du Billy Joël (l'éthéré The Letter)... sans donner l'impression de faire le grand écart.

Mention spéciale à l'imparable single Deep Inside, enlevé, urgent, nous renvoyant à nos espoirs naïfs d'adolescent soucieux de s'emparer du monde.

Alan Parson et U2 finissent de hanter l'album, Diamond se saisissant de leurs empreintes respectives dans This is it now et Miss U.

Le paradoxe de cet album est donc là : il renvoie nécessairement à autre chose, ne cesse de tendre des liens vers le passé et, au final, ne permet pas de saisir le véritable dessein de l'auteur : entertainement, certainement. Hommage patchwork aux années inspirées / bidonnées dans lesquelles nous avons tous les deux baignés : à coup sûr.

Mais il manque cette étincelle, que Air a su saisir dans son Love 2, découvrant un peu de leur complexité et les dépétrant de leur travers easy listening.

Au final, comme dirait un Cyril Lignac survitaminé aux projecteurs de M6, on prend du plaisir, c'est généreux, c'est gourmand. Et c'est bien la touche qui continue à titiller la partie gauche de notre crâne après l'écoute de l'album... Pour éphémère que soit cette oeuvre, elle découvre au long cours une réelle sensibilité, altruiste, qui n'a d'autre prétention que d'offrir de bons moments.

En soi, n'est-ce déjà pas une réussite ?




 
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