En réalité, la jeune Victoria Hesketh marche dans les pas de géant de quelques illustres aînées, tel Goldfrapp, Lily Allen, Katy Perry. Et ce premier album, léger, pop, rafraîchissant résonne d'autres références (Human League, Captain Beefheart).
Citons le titre ouvrant le LP, titillant le timbre d'Alison Goldfrapp (New In Town), et signifiant clairement ses ambitions : attention les viocs, je débarque, va falloir me faire de la place... Quitte à vous déboulonner au besoin (le deuxième single issu de l'album, Remedy, énonce clairement l'absence de crainte de l'anglo-saxonne face aux prédateurs de tout poil).
Le problème avec cette jeune bricoleuse électro, toute fraîche éclose de la formation Dead Disco, c'est que l'on ne sait pas où elle va pencher, succès aidant. Aspirée par la peopolisation (le mot est aussi laid que la réalité à laquelle il renvoie), Little Boots risque fort de perdre rapidement son statut précaire d'espoir décalé / talentueux si elle n'y prend garde.
Les prestations scéniques rassurent pourtant, malgré les soirées de picole avec les Killers : les titres Mathematics et Symmetry méritent tout le respect du critique/blogueur que je suis. Allez, en abusant, on irait même jusqu'à dire que Tune Into My Head invoquerait presque Kate Bush à notre chevet.
Accrochez-vous Mademoiselle ! La singularité ne se conserve qu'au prix d'un effort sur-humain : ne jamais arracher ses racines.


