lundi 6 avril 2009

Empire Of The Sun - Walking On a Dream (2009)

Il y a des moments dans sa vie où l'on a l'impression de passer à côté de tout ce qui est essentiel.


Un hamster dans sa cage, tournant dans sa roue à perdre haleine.

Et puis d'un coup, un morceau, urgent à souhait, vous saisit et vous raccroche à l'air du temps.

Voilà quelques longs moi que je n'avais plus eu l'occasion de blogger sur quelques unes des pépites de notre époque et, d'un coup, tels des météores dans un ciel nocture, sont apparus les deux zigotos de Empire Of The Sun.

Mettons-nous de suite d'accord : leurs tenues kitsch à faire pâlir un Limal ou encore les Modern Talking ne présagent rien de bon, même pour les trentenaires bientôt quadras gavés de guimauve eighties durant leur tendre enfance.

Quelques webzines (Pop News et Benzine pour être partial) n'ont d'ailleurs pas raté ces jeunes australiens, à l'univers si personnel : pour faire simple, ils ont déçus les espérances et ne se retrouvent classés qu'au rang d'ersatz grandiloquents des MGMT (comme d'ailleurs l'adaptation de l'Empire du Soleil de Spielberg, ne rendant guère hommage à l'"oeuvre" de J.G. Ballard).

Force est de constater que l'album est bien inégal. Nappes dégoulinantes, ego démesurés, tenues colorés n'arrivent pourtant pas à gâcher l'une des qualités essentielles de cette production. Walking On a Dream arrive à nous arracher, par son culot, de la grisaille ambiante (c'est la crise ma brave dame) et il est amusant d'arriver à produire de tels OVNIs dans une période qui devrait être ultra-conservatrice (pour sauver les meubles, le livret A et la pléiade de Tante Simone).

Je ne suis donc pas arrivé à jeter tous les titres dans la corbeille - réelle ou virtuelle - et l'air printanier de ces jours-ci s'est trouvé égayé de l'urgentissime Walking On a Dream (le titre), du planant et acidulé Country et de l'ultra pop Tiger By My Side.

Pour le reste, je vous laisse le soin de vous agacer sur l'extraordinaire hommage à Spandau Ballet (Without You), sur l'horripilant Swordfish Hotkiss Night et la mauvaise imitation de ManaGeMenT (Delta Bay).

Loin de nous faire marcher sur un moelleux rêve printanier, Empire Of The Sun parvient in extremis à égayer notre triste quotidien et nous donne l'occasion de nous justifier devant nos enfants de cette vaste fumisterie qu'ont été les années 80.

 
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