vendredi 22 août 2008

Das Pop - The Human Thing (2003)

Plusieurs approches sont possibles quand il s'agit de pop. De pop musique bien entendu.

Soit on utilise ce terme, galvaudé, pour identifier de la musique composée de guitare électrique, de basse électrifiée et d'un rythme binaire, pouvant aisément être diffusée au fin fond d'un supermarché de banlieue. On s'expose alors à tous les écueils de la musique populaire : un medley sans forme du pire et du meilleur, enrobé de sauce easy listening et noyé de bons sentiments.

Soit on utilise l'article défini avec une majuscule, pour en parler avec précision : La Pop devient alors un style, un genre à part entière, où l'énergie rock soutient avec vigueur la joie ludique et immature de quelques zigotos jouant les élastiques sur scène.

Traduisons cette dernière assertion en flamand ; cela donne Das Pop.

Créé en 1994 sous le nom fataliste et emphatique de "Things to Come", les (alors) jeunes flamands se sont engagés dans la construction d'une musique simple et volontaire, ne se perdant pas dans des tourments inutiles. Loin donc des dEUS.

Les belges, sorti de l'anonymat en 2001 avec l'excellentissime album I ♥, ont lentement maturé un rock mâtiné de touches électros, explosant dans cette singulière chose humaine.

Malgré ses paroles simplistes, You illumine d'entrée la voie : une basse sautillante, une guitare malicieuse, une batterie au cordeau. Les yeux encore embrumés dans une aube prometeuse, le deuxième titre, Turn, arrive, par sa méthode et sa persévérance à agripper solidement l'auditeur jusqu'à la douce valse d'All Wrong.

Ces bases étant posées, le reste de l'album ne parvient pas à démériter. Enjoué, sans emphase ni prétention, les trois flamands (plus un "Kiwi" aujourd'hui) déroulent avec une décontraction déconcertante - voire agaçante - des gammes dignes des plus grands titres des seventies, enchaînant les clins d'oeil à Abba, The Jam ou Tom Waits. Notons, à titre d'exemple, le sussuré et ténébreux We Live Again qui illustre à merveille la capacité des Das Pop à réenchanter les lignes désormais ultra-classiques des Fleetwood Mac.

Une interrogation demeure : pourquoi le destin ne leur a pas réservé un sort identique à leurs brillantissimes compatriotes d'Anvers ? La scène musicale européenne (voire plus si affinité) n'aurait-elle pas suffisamment d'espace pour supporter simultanément le talent de plusieurs groupes belges ?

De fait, l'atroce vérité est sur le point d'être révélée : leur prochain album, The Ugly Truth, semble enfin vouloir se montrer après - excusez du peu - 5 ans de silence (hors un EP de remix du titre Fool For Love et l'esseulé Tired). Le single Underground, sorti ces jours-ci, démontre que les belges de Ghent carburent toujours à l'Ovomaltine (ou à un autre produit dopant).

La première partie réalisée pour les Justice à l'Olympia le 18 mai 2008 a d'ailleurs été l'occasion de tester quelques-uns de ces nouveaux titres sur un public pas forcément conquis d'avance. Mention spéciale pour l'électrisé et survolté Saturday Night, sur lequel la mèche du chanteur Bent Van Looy a réussi à réaliser des 360° tout en souplesse.


> Hummm un petit doute sur leur bio : je me jette sur Wikipédia
> Mais au fait cé koi donk kom muzik ? je google das pop et je tombe sur leur MySpace
> Tiens, en Suisse, les belges sont passés à 3 : je vais faire un petit tour sur le site du festival de Montreux pour le voir de mes yeux

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