mercredi 23 avril 2008

MGMT - Oracular Spectacular (2007)

Retour des critiques après quelques mois de suractivité hors la blogsphère... Initions cette reprise avec le premier album ludique d'un groupe au nom imprononçable pour les non-initiés.


Proclamés "priorité électro-rock" par Le Monde (édition datée du 28 fév. 2008), MGMT (connus précédemment sous le nom de The Management - vous utiliserez donc ce nom pour les désigner sans avoir l'air idiot) revisite, voire éclaire, le registre pop planant des seventies et des eighties.

Ces étonnants New-Yorkais balayent en un album les sonorités hantant encore notre mémoire collective. Le patchwork ainsi réalisé surprend tout d'abord par son hétérogénéité. Cette sensation de grand zapping entre les Floyds de More (Weekend Wars) et les sons acidulés early eighties (Electric Feels) flanque une incroyable sensation de vertige.

De fait, on zappe d'un morceau à l'autre, on s'impatiente... s'interrogeant sans cesse sur la consistance du morceau à venir, sur le riff ou la sonorité du XXe que ces jeunes gens ont décidé de saisir, d'étendre et de transformer à leur sauce. La patience paie pourtant.

Décrypter en profondeur ce gigantesque puzzle où les morceaux s'enchaînent sans se ressembler, où les Beatles (The Handshake) se disputent aux Stones (Pieces of What), où les sons d'Atari 2600 (Future Reflexions) se frottent aux guitares country (The Youth), amuse autant que de démonter le vieux Meccano de notre enfance (mais oui, celui qui était censé de servir de grue/vaisseau spatial/voiture de police/avion de chasse), retrouvé par hasard dans la cave de nos parents.

La sensation première de désordre s'organise progressivement et laisse place à un souffle. Le souffle de toute une tripotée de jeunes artistes d'outre-atlantique (Vampire Weekend, Chairlift), bien décidés de se saisir des codes savamment élaborés par leurs aînés pour les imploser avec rigueur et méthode. Ainsi, le single Electric Feels se présente comme la plus parfaite recomposition d'une époque, assumant notes fluos, battements haletants (dignes du mythique Running up that Hill de Kate Bush) et lignes de basse claire avec une désinvolture entêtante, un aplomb tel que le titre mériterait d'être choisi comme hymne d'une génération élevé à la Britpop.

Le tour des pistes réalisés, on se saisit à nouveau du boîtier cristal. Et là surprise. L'illustration du LP prend tout son sens car elle résume parfaitement le spectacle sonore habilement composé par Andrew Vanwygarden et Ben Goldwasser : a priori totalement incohérent, en réalité brillamment synthétique. Donc parfaitement moderne.



Laissez-vous tenter par une critique mieux documentée et plus érudite d'Oracular Spectacular > Des oreilles dans Babylone
Sans oublier leur espace (avec un fond d'écran digne du web de 1996) > Myspace des MGMT
Moi, je vous dis que c'est Electric Feels qui rafle la mise sur ce LP > Sur Lastfm.fr /// I said oooh girl, shock me like an electric eel !!!

2 commentaires:

Benjamin F a dit…

Un beau pactchwork, plus crédible que celui de Vampire Weekend. Le groupe se perd parfois un peu mais l'ensemble convainc bien.

Snkfpn a dit…

Un nouveau "summer of Love" ???

J'ai adoré cet album néo-hippies et les thèmatiques abordées : Pessimisme visionnaire, naïveté hyperréaliste, fleurs et couleurs fluo mélangées...

L'écriture est vraiment géniale, hypermoderne, trash et métaphorique à la fois.

Bref, j'écoute sans me lasser cet album trés en prise avec la réalité de notre jeunesse qui semble avoir choisi de vivre dans les boites et les drogues...pour aller plus vite sans vivre plus longtemps...

"This is our decision, to live fast and die young.

We've got the vision, now let's have some fun."

 
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