vendredi 25 avril 2008

dEUS - Vantage Point (2008)

Eclaircissons tout de suite un point : vous ne trouverez pas de critique totalement négative, dégradante ou humiliante dans ce blog car j'adore parler des trains qui arrivent à l'heure (c'est pourquoi aucun journal ne me proposera jamais de faire des piges).

Vantage Point (titre inspiré par le nom du studio où les dEUS ont enregistré l'album) se range, vous l'aurez compris, dans une catégorie que j'estime "supérieure" (comme le jambon ou le bordeaux, selon les goûts, l'envie et l'ordre que l'on consacre aux choses de la vie).

J'annonçais avec envie la sortie du prochain album des belges dans une critique du 1er décembre 2007. L'attente a payé : Tom Barman a réussi à réanimer (et recomposer un groupe) qui a toujours semblé bien moribond entre chaque production. L'histoire de dEUS s'articule en effet autour de tensions, de départs, d'ego, dans lesquels le leader a semblé se perdre.

Bilan : un nouvel LP en 2008 autour d'une formation stabilisée, homogène, travaillant vite et surtout inspirée. Saisissons nous d'abord des titres phares de l'album, The Architect et Slow.

Le premier, aux rythmiques mécaniques et automatisées, non loin des ressuscités Devo, distribue la pensée d'un architecte aux relents maçonniques, entre interrogations métaphysiques et réponses toutes faites. What the Architect doing ? Je vous le demande bien... Il doit être au 3ème étage, en train de remplacer l'ampoule du palier.

Slow, plus sombre, à contretemps, se répand avec méthode à travers les écouteurs, les refrains cold wave soutenant avec pertinence le propos des anversois. Le titre capture l'auditeur durant 6 minutes 8 et distille un lent poison dont je vous laisse présumer la teneur.

Le reste de l'album finit de convaincre. dEUS est toujours Alive & Kicking (comme soutenaient à leur époque les simples d'esprits écossais), ce malgré sa recomposition, et concilie avec une aisance toujours aussi déconcertante sonorités pop rock accrocheuses et écriture écorchée vive.

L'obsédante et printanière balade Smokers reflect aurait pu conclure en toute évidence l'album avec brio, abandonnant ses auditeurs sur des rivages ouatés (même si Popular culture, enlevé, inspiré, militant, n'a rien de secondaire dans le LP).

D'une manière purement gratuite, terminons sur une impression : l'incertitude actuelle des belges dans leur propre programmation sur scène au Trabendo (Paris) me laisse juste à penser que Tom Barman n'a pas fini de s'énerver sur l'ordre des titres lors des prestations scéniques du groupe. dEUS n'en aurait-t-il donc pas fini avec ses vieux démons ?





Site non officiel http://www.deus-fr.net/
Interview fracassante des Inrocks http://www.lesinrocks.com/index.php?id=62&tx_article[notule]=207984&cHash=ab60754a29
Prenez votre lampe de poche et votre truelle pour regarder la vidéo http://www.youtube.com/watch?v=k2CFDsG_oxg

1 commentaires:

Ciel a dit…

Great work.

 
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