
Puisque l'heure des comptes semble sonner, voici le classement 2007 d'outlandos mix. Les critères de sélection demeurent les mêmes qu'à l'habitude - ie a priori, mauvaise foi et manque de discernement.
> Coffret #1
#01 - Justice / + (Cross)
#02 - Digitalism / Idealism
#03 - Fujiya & Miyagi / Transparent Things
#04 - New Young Pony Club / Fantastic Playroom
#05 - Midnight Juggernauts / Dystopia
#06 - LCD Soundsystem / Sound Of Silver
#07 - Blonde Redhead / 23
#08 - Air / Pocket Symphony
#09 - MSTRKRFT / The Looks
#10 - Band Of Horses / Cease To Begin
> Coffret #2
#11 - The Oscillation / Out Of Phase
#12 - Esbjörn Svensson Trio (E.S.T) / Live in Hamburg
#13 - Interpol / Our Love To Admire
#14 - Maxïmo Park / Our Earthly Pleasures
#15 - Arcade Fire / Neon Bible
#16 - Apparat / Walls
#17 - Klaxons / Myths Of The Near Future
#18 - Feist / The Reminder
#19 - The Chemical Brothers / We Are The Night
#20 - Editors / An End Has A Start
> Coffret bonux
#21 - Simian Disco Mobile / Attack Decay Sustain Release
#22 - Maps / We Can Create
#23 - Radiohead / In Rainbows
#24 - Daft Punk / Alive 2007
Si vous avez raté un de ces albums au passage, rassurez-vous. Il vous reste quelques jours avant d'être condamné à éprouver ce sentiment, stigmatisant au possible, d'être passé à côté d'un titre essentiel de l'année 2007. D'autant que si vous osez évoquer votre humble ignorance en société, vos potes affirmeront évidemment connaître l'intégralité de cette liste. Alors, c'est vous qui voyez.
mardi 11 décembre 2007
outlandos mix - Best Of 2007
Rubrique : Musique
dimanche 9 décembre 2007
Midnight Juggernauts - Dystopia (2007)
Ce n'est pas parce que la ligne éditoriale de ce blog exclut toute exhaustivité (et toute bonne foi) qu'il faut oublier de parler de l'essentiel. Et l'essentiel, en 2007, était situé in the Land Down Under - c'est-à-dire du côté de l'Australie.
Oublié les soeurs Minogue, Midnight Oil et autres INXS. Exit Nick Cave. Bonjour l'électro et quelle électro. Les juggernautes nocturnes se distinguent sans effort de leur turbulente scène locale, alignant dans leur premier album, avec une régularité métronimique, des titres brillants, entêtants au possible, d'une exemplarité époustouflante.
Tentons d'abord de qualifier ce trio de kangourous (ou de koalas ou de crocodiles pour évacuer les lieux communs). Subtil mélange d'électro, de pop, d'indie, les Midnight Juggernauts se distinguent par leur indéniable incapacité à capter l'air du temps. S'avouant volontiers héritiers des baroques Electric Light Orchestra, les australiens impressionnent d'ailleurs leurs pairs, se faufilant sans trac parmi les Bloc Party, Scissors Sisters, MSTRKRFT, Klaxons et les franchouillards justiciers. Et ils les dépassent même.
Vibrant d'une voix caverneuse, digne d'un Bowie vêtu dans d'un pantalon de costume trop large dans un trou du bush australien, 20.000 Leagues définit avec perfection la singularité troublante du groupe : un agencement unique de relents de culture fluo eighties avec de gros sons très sombres généreusement triturés. En contrepoint, le final, Aurora, nous abandonne sur des rivages électro le long d'une douce ouate mélancolique, évoquant le légendaire More des Floyd, et boucle à la perfection avec [l'] Intro - premier titre du LP.
Encore une fois, il convient de ne pas oublier l'essentiel. Le robotique Ending Of An Era précède le non moins automatisé Into The Galaxy, dans un mix impressionnant à faire pâlir nos replicants français punks, en parfaite résonance avec leur Discovery qui a ouvert notre 21ème siècle. Dans la même inspiration (ou respiration), imaginant un improbable versus sur la scène de Bercy contre leurs homologues casqués précités, l'electronissime Tombstone et le prophétique Road To Recovery laissent pantois, voire carrément KO technique.
En pratique, tous les titres de l'album méritent un vibrant éloge, sur le ton d'un Malraux célébrant l'entrée de Jean Moulin au Panthéon. Au Panthéon, modeste, de la scéne électro mondiale, Midnight Juggernauts réussit son entrée et ce dès le premier album. Justifiant pleinement l'utilisation de la métaphore du juggernaut, figure d'une force irrésistible héritée de l'imaginaire britannique en Inde - d'ailleurs recyclée dans la mythologie Marvel, les trois jeunes originaires de Melbourne n'offrent que peu d'alternatives à leurs auditeurs. Leur tsunami électro emporte tout sur son passage, alternant - et mêlant à l'occasion - les nappes vaporeuses avec des sons analogiques si bien ciselés que certains pourraient soutenir qu'ils ont été manufacturés dans l'atelier d'un horloger helvète.
Parfaitement équilibré, chaque titre s'articulant à l'autre tel des Lego®, Dystopia nous a offert cette année 2007 l'une des plus belles réalisations électropop, avec une modernité mâtinée des meilleurs moments fluos des années 80. Vivement la suite.
Révisez votre anglais avec l'article synthétique (mais exhaustif) de l'encyclopédie en ligne | http://en.wikipedia.org/wiki/Midnight_Juggernauts
Continuez l'effort avec le site officiel | http://www.midnightjuggernauts.com/
Pas encore de poke sur Facebook mais un espace classique | http://www.myspace.com/midnightjuggernauts
Rubrique : Musique
mardi 4 décembre 2007
The Oscillation - Out Of Phase (2007)
Accrochez-vous. Quand on vous dira que The Oscillation balance entre krautrock et shoegazing de deux choses l'une : soit vous êtes déjà branché gros sons électro, et vous approuverez cette définition extrêmement fine, d'un air approbateur, tout en zappant en loucedé sur >>| de votre iPod vers la douzaine d'autres albums consciencieusement empilés dans votre mp3thèque, soit vous êtes totalement béotiens et vous fuirez en zigzag, dans la nuit brune, de peur de vous faire agresser par l'un de ces deux serial killer.
Pourtant, dans un cas comme dans l'autre, vous aurez raté une belle rencontre. The Oscillation appartient en effet à ce type d'albums qui vient vous surprendre sans crier gare et vous harponne durablement dans un univers fascinant.
Demian Castellanos pilote avec grâce cette machine mélodique, oscillant effectivement entre sources électroniques, voies planantes, séquences torturées, guitares distordues réverbant de tout leur saoul. A l'avant-garde de cette alchimie, Head Hang Low (rien à voir avec Hunting High and Low) soutient une thèse très mélancolique, sur fond de voix vocodées distantes et de mélodie quasi enfantine.
Liquid Memoryman, aux basses kraut savamment tricotées, nous invite à un surf urbain rarement égalé depuis l'ultime et unique Royksopp's Night Out des norvégiens quasi éponymes. Entraîné à la suite sur le rock Violations, le LP ne cesse d'alterner entre expérimental et terrains pop mieux balisés, entre ambient et folie psyché, entre superposition d'effets et sons purs.
Que conclure suite à cette déferlante exprimant toute la sévérité ondulatoire de la rythmique ? Que le label DC Recordings semble produire des pépites à la suite. Que la phase d'oscillation se produit en abusant de l'écoute de kraut, funk, électro et autres noisewave. Qu'à trop spécialiser le vocabulaire, à multiplier les gigas, il arrive que l'on oublie tout simplement l'essentiel : si l'on apprécie un auteur, une musique, c'est parce qu'ils nous racontent une histoire, nous invitent à un voyage intime et tutoient notre for intérieur. Out Of Phase mérite absolument que l'on mobilise, pour son écoute, une maigre heure de sa vie. Il en demeurera la certitude indélébile que nos plus belles années de musique restent à venir.
What Else ? Les Inrocks adorent tout comme Gonzai.
Leur espace : http://www.myspace.com/theoscillations
M*#!, quand je cherche dans Wikipédia, je tombe sur la téléportation quantique ;-)
Rubrique : Musique
samedi 1 décembre 2007
dEUS - Pocket Revolution (2006)
Il nous est tous arrivé de rencontrer, au coin d'une rue, au détour d'un bistrot ou entre deux métros, un vieil ami, perdu de vue, avec lequel nous avions tant en commun... et malgré le temps passé, rien n'a changé. C'est comme si tout s'était arrêté, comme si, avec cet ami, vous ne vous étiez jamais quitté, comme si le temps, finalement, s'était figé.
L'écoute de Pocket Revolution procure le même sentiment. Un peu comme si dEUS n'était jamais réellement sorti notre quotidien et que les belges, menés par Tom Barman, emplissaient toujours cet espace si familier, occupé auparavant par des grands frères turbulents, perdus de vue au gré d'une longue vie de bohême.
Ce sentiment naît vraisemblablement de l'exceptionnelle capacité du groupe à recomposer rock, jazz, pop autour d'un univers, résolument singulier. L'indéniable talent mélodique des anversois explose littéralement dans Pocket Revolution, offrant, au passage, à ses auteurs un immense succès commercial.
Plus équilibré qu'Ideal Crash, moins expérimental qu'In A Bar, Under The Sea, le dernier dEUS entraîne ses auditeurs sur des sentiers modestes et maîtrisés, d'une justesse rarement égalée. Bad Timing, tendu et envoûtant, introduit un album patiemment construit, exposé et émouvant, loin du clinquant et du tape-à-l'oeil d'autres cousins rock-alternatif (tel Placebo pour ne point les nommer).
L'imparable What We Talk About (When We Talk About Love) constitue sans contestation le point d'orgue du LP, lancinant, sussuré, synthétisant à lui seul les ambitions du groupe : tenter d'ouvrir une voie hybride, dense et complexe, frisant les classiques maîtres de la fusion (Pat Metheny, Weather Report) et du progressif (Floyd, Genesis et autres).
Dans le contexte de tension politique, encore actuel, entre Flamands et Wallons en Belgique, Tom Barman a profité de la dernière prestation scénique du groupe pour fédérer la contestation contre l'extrême droite dans sa région d'origine, en octobre 2006. Le nouvel album des dEUS est plus qu'attendu dans ce prolongement, histoire de participer - en toute modestie - à l'émergence d'une autre image du plat pays, livré aujourd'hui à des illustrations bien caricaturales.
Lien encyclopédique | http://fr.wikipedia.org/wiki/DEUS
Lien institutionnel | http://www.deus.be
Lien animé quotidien | http://www.dailymotion.com/video/xzxdp_deus_music
Rubrique : Musique

