mercredi 28 novembre 2007

Fujiya & Miyagi - Transparent Things (2007)

Comment trouver un point commun entre un lecteur de disque vinyl, aux consonances japanisantes, et un personnage du film Karaté Kid ? Difficile a priori. Sauf à négliger l'immense inventivité de trois britanniques qui, à Brighton, sur un banc de touche, à l'aube du nouveau millénaire, n'ont rien trouvé de mieux que de procéder au croisement improbable de ces deux noms pour baptiser leur groupe.

Le génie électro-pop de Fujiya & Miyagi ne pouvait toutefois rester confiné à la célèbre cité balnéaire du Royaume-Uni. Après un premier album sorti en 2003, salué par la critique outre-manche, Transparent Things collationne pour l'essentiel les morceaux du trio sortis en 2005 - uniquement sur vinyl.

Témoignant, tout au long de leurs illustrations d'albums, d'une véritable fascination de la géométrie circulaire (laissant craindre à certains critiques que le groupe ne tourne quelque peu en rond) les trois complices livrent avec cette compilation une synthèse plutôt brillante et contemporaine de l'oeuvre des Kraftwerks, Can ou autres Talking Heads.

D'emblée, Ankle Injuries aspire son auditeur dans une pulsation à la saveur eigthies, synchronisée aux accents robotiques du chant, à en faire pâlir un Max Headroom. Des murmures naît une pop impeccablement calibrée, urbaine, prolongation inespérée de la rigueur germanique du moribond style krautrock.

L'album invite ainsi à une balade très citadine, le long du métropolitain onirique des F&M que l'on suppose volontiers conduit par un playmobil immatriculé 71 (quatrième titre du CD).

Une mention spéciale pour le clip d'Ankle Injuries qui renvoie directement à l'imaginaire pixélisé des premiers ordinateurs et assimilés, au moyen d'une ingénieuse mise en scène de simples dés à jouer.

Au final, Transparent Things est tout sauf translucide. Il peut être évidemment reproché aux britishs d'utiliser des recettes éculées - notamment - par leurs aînés allemands des seventies. Le disque révèle toutefois une maturité surprenante, réinterprétant avec fraîcheur les codes du genre. Ludique, fin et addictif, ce truc transparent s'imposera sans effort parmi les gigas de votre baladeur numérique, ringardisant quasiment au passage nombre d'équivalents contemporains, dont la très correcte symphonie de poche de nos compatriotres aériens.



Wikipédia | http://fr.wikipedia.org/wiki/Fujiya_&_Miyagi
Tournez en rond sur leur site | http://www.fujiya-miyagi.co.uk/
Leur espace | http://www.myspace.com/fujiyaandmiyagi

lundi 26 novembre 2007

INXS - Kick (1987)

Vingt ans déjà. Album easy listening, carrément commercial et très grand public, Kick a marqué un tournant essentiel dans la carrière du groupe.

Non que le reste de la production des australiens n'ait jamais cédé à certains accès de génie - notamment dans l'inconnu Welcome To Wherever You Are. Mais jamais ils n'auront été autant dans l'air du temps, s'accordant parfaitement aux attentes des teenagers de la fin des années 80, exaspérés par les déhanchés du "méchant" Michaël Jackson, trop timides pour s'aventurer à écouter les moins connus Young Gods, acculturés qu'ils étaient aux riffs impeccables, poses interrogatives et critiques politiquement correctes débitées par MTV.

Alors que la vague (voire le tsunami) U2 couvrait la planète d'arbres de Joshua en 1987, INXS se distinguait de l'éloge ciselée des irlandais à la culture américaine en proposant un album ouvertement formaté au marché US. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?

Pas moins de cinq titres seront extraits du 33 tours. Le popissime Need You Tonight ouvrira le bal (et animera de nombreuses boums). Culte, le clip participera d'ailleurs à élever le leader du groupe au rang de sex symbol planétaire (et de grand maître dompteur de rat blanc). Surfant sur ce succès intergalactique, Hutchence et sa bande continueront de découper minutieusement l'album en 1988 et 1989 (avec Devil Inside, New Sensation, Never Tear Us Apart et Mystify).

Reste que le conclusif (et incisif) Tiny Daggers ainsi que l'ingénieux Mediate (au clip hommage à Bob Dylan, mixé à la suite de Need You Tonight) auraient parfaitement mérité une audience plus large.

Vingt ans plus tard, la ficelle apparaît encore plus grosse qu'à l'époque. Conçu, prototypé pour un large marché américain, le LP n'épargne ni les poncifs (les violons samplés d'usine "made in Roland" de Never Tear Us Apart) ni les maladresses (les paroles de Calling All Nations demeurent un parfait exemple de bonne conscience naïve typique des eighties, sans effleurer la sincérité de l'engagement des Simple Minds, des U2 ou de Sting).

Pourtant, cet album demeurera dans l'histoire de la pop-rock. Parce qu'il est (le plus) symptomatique de l'époque : lisse et consensuel. Aussi parce que la délicate alchimie du groupe, qui tenait à la rencontre de la personnalité solaire de feu Michaël Hutchence et du classicisme frères Farriss, n'a jamais trouvé meilleure illustration.

Le récent recrutement d'un nouveau chanteur via reality show ne laisse malheureusement plus transparaître que la façade commerciale du groupe, comme si la présence d'Hutchence, mi-Morrisson mi-Jagger, arrivait seule à conjurer les lourds soupçons de mercantilisme... INXS ne s'était-il pas fait connaître mondialement en 1984 avec Original Sin ?



Wikipédia > http://fr.wikipedia.org/wiki/INXS
Biopic du groupe > http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18383742.html
Oh le bô site officiel > http://www.inxs.com/

vendredi 23 novembre 2007

Blonde Redhead - 23 (2007)

Les puristes clament leurs déceptions à longueur de blog. L'intervention d'Alan Moulder (U2, Smashing Pumpkins) à la production a, sans nul doute, mâtiné les velléités expérimentales des précédents Melody of Certain Damaged Lemon et Misery Is a Butterfly. Cet album distille toutefois un charme indéniable, brassant pulsations électro, nappes aéroportées et voix à la fraîcheur cold wave.

23 manisfeste d'emblée l'ambition de l'album éponyme. Le morceau lumineux, lyrique et inspiré, soutenu par l'extrême rigueur rythmique de Simone Pace, persiste à interroger la singularité du nombre 23, sur fond de référence à Soft Cell.

Le mélancolique Dr. Strangeluv invite, quant à lui, à poursuivre d'une traite le voyage, la voix infatile de Kazu Makino guidant l'auditeur dans le monde froid et lissé du LP. Amedeo Pace prend le relai dans l'enlevé et baroque S.W. puis le pop Spring and by Summer Fall, justifiant la comparaison - que l'on pourrait aisément qualifier de tarte à la crème - avec Sonic Youth.

Le chant sous Vocoder de My Impure Hair conclut avec harmonie la balade dans l'univers désormais assagi et désinvesti de toute tentation expérimentale extravagante des Blond-roux. L'ère de la maturité diront certains, absence d'intemporalité diront d'autres.

Une certitude demeure : les sept albums des jumeaux Pace et de Kazu Makino constituent une oeuvre singulière et homogène, attestant, si besoin en était, d'un parcours unique parmi la moribonde scène new-yorkaise des 90's.



Leur site http://www.blonde-redhead.com
La - désormais classique - page Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Blonde_Redhead
La - non moins classique - page Myspace http://www.myspace.com/blonderedhead

 
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