mardi 9 octobre 2007

New Young Pony Club - Fantastic Playroom (2007)


Voici un nouveau club de poney... même si les anciens sont restés méconnus, qu'il s'agisse d'irlandais ou de tourangeots. Celui-ci est londonien et chevauche depuis 2004 sur des titres new wave, new rave aux dires des contemporains fanatiques des Klaxons et autres.

Souhaitant prendre toutes distances avec leurs sources - évidentes - d'inspirations (Blondie, Talking Heads), les New Young Pony Club distillent pourtant savamment leurs références tout au long de leur salle jeu extraordinaire.

Album enlevé, Fantastic Playroom joue habilement avec l'intégralité des tonalités pop, se distinguant ainsi des monochromes Cansei de Ser Sexy.

Le LP s'ouvre sur un single imparable, sublimement incantantoire, Get Lucky. La rythmique binaire se tricote et s'entête sur les riffs de strato, soutenant avec justesse les invocations, hyper volontaristes, des pony girls.

En contraste au pétillant The Bomb et à Ice Cream, dont les voix rappelent Alela Diane (à moins que ce ne soit l'inverse), le reste de la galette se rafraîchit pour descendre jusqu'à des sonorités quasi cold wave.
Hormis Fan, qu'il conviendra d'abréger à coup d'avance rapide, les autres titres s'écouteront en boucle, notamment The Get Go, résonnant étrangement à l'unisson avec une certaine forêt des Cure.

Impécablement langoureux, Tight Fit abandonne son auditeur sur des perspectives rythmiques tracées au cordeau. Les trentenaires y retrouveront une chaleur familière, lorsqu'ils s'endormaient sur des nappes de synthé crachouillées par leur walkman Sony, baignant dans un doux crépuscule. Les autres ne se laisseront pas totalement convaincre par la performance des NYPC, même s'ils n'avoueront jamais en public leur seul rêve : devenir membre du club très fermé des amateurs de poney.



Devenez membre http://www.wearepony.com/
MySpace http://www.myspace.com/newyoungponyclub
Wikipédia http://en.wikipedia.org/wiki/New_Young_Pony_Club

dimanche 7 octobre 2007

Justice - † (2007)

Phénomène électro de cette année 2007, les complices de Justice se sont imposés, en un album, comme les meneurs d'un mouvement aussi obscur que son nom, le dark disco et en tant que leaders d'une french touch renouvellée, énergique, enfin réoxygénée.

Tempérons immédiatement le caractère novateur de † (à prononcer cross, sauf prescription contraire des puristes), puisque, dans les faits, il mêle les nouveautés du groupe aux titres sortis depuis deux ans. Ainsi, le sombre Waters of Nazareth, bande sonore digne d'un dessin de Druillet, illustrait dès septembre 2005 le potentiel du duo.

Le LP retrace donc la lente ascension de Gaspard Augé et de Xavier de Rosnay, qui n'ont cessé de réinterpréter leurs aînés avant de se lancer dans leurs propres compos. Remarqués par le remix de Never Be Alone de Simian, en 2003, les compères justiciers s'en sont pris avec brio aux non moins célèbres Franz Ferdinand et autres Mr Oizo pour faire éclater leur talent. Ils feront fructifier leur récompense aux "illustrissimes" MTV Awards (pour le clip We Are Your Friends, encore en face à face avec Simian) et exploseront littéralement avec D.A.N.C.E, hommage appuyé aux années paillettes des Jackson Five et aux fabricants de T-Shirts multicolores kitschs.

Triturant avec habilité le son gras et tortueux des Moog, ARP & autres pour les accorder à des mélodies remuantes et légères, Justice ratisse large sans sombrer dans les méandres de l'underground. Leurs prestations scéniques prouvent leur capacité à transcender les publics, des jeunes chevelus ou autres tecktoniks aux cadres trentenaires et quadra. Les grands élastiques, au système pileux facial savamment entretenu, ont en effet enflammé sans concession La Cigale en juin 2007, ainsi que différents festivals dont les Vieilles Charrues. Seule leur prestation au Nokia Trend Labs au Louvre en juillet 2007 aurait témoigné, aux dires de la presse spécialisée, d'une certaine lassitude - momentanée ? - du duo.

L'album, lui, ne trébuche à aucun moment, de l'ouverture Genesis, véritablement prophétique, au hanté Phantom (dont le sample original est tiré de la BOF du film d'horreur Ténèbres, réalisé par Dario Argento en 1982), jusqu'à la clôture, avec un One Minute to Midnight, résonnant des meilleurs moments offerts par les Daft Punk... et ce, sans ne rien céder à une noirceur très mélancolique, fil "rouge" de l'album et de leur politique marketing.



MySpace http://www.myspace.com/etjusticepourtous
Ed Banger Record http://www.edbangerrecords.com/
Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Justice_(groupe)

 
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