mardi 29 juin 2010

Holy Fuck - Latin (2010)

Je me rappelle encore de ma dernière émotion musicale électronique canadienne (que ceux qui imaginent qu'elle s'appelle Boards of Canada sortent de suite - car ceux-ci sont connus depuis longtemps et sont écossais ! ) : il s'agissait de DJ Champion, héros de Montréal, rencontré fortuitement sur le teaser de Borderlands, jeu vidéo survitaminé.


Restant sur cette agréable émotion, et un vague sentiment de frustration né de mon incapacité à appréhender la totalité de cette scène musicale, je ne m'attendais pas à prendre dans la figure, au détour cette fois-ci d'une page des Inrocks, cette vénérable formation émergeant de la scène indé de Toronto.


L'hebdo bobo n'a pas manqué en effet d'encenser le troisième album de cette sacrée bande, baptisé Latin. Remarqué et remarquable, ce LP mérite de nombreux superlatifs. Lyrique, généreux, inspiré, enlevé, urgent, intelligent, cultivé, tout le vocabulaire du pigiste musical trouve rapidement à s'épuiser à l'écoute des 9 – trop courtes – pistes.


Après une intro progressive, que ne désavourait pas les Midnight Juggernauts, nos sacrés amis expédient dans une dance sautillante, méticuleuse, digne de récupérer les quadras ne jurant plus que par LCD Soundsystem.


Red Lights – dont un extrait live époustouflant traîne sur le web – m'a également renvoyé aux scandinaves Röyksopp et à leur mélodie matinale (je me demande d'ailleurs s'il n'y a pas eu du sampling méthodique, pauvre Leno).


Erreur fatale, guru meditation et autres écrans bleus : je supposais à tort que la suite ne pouvait que me décevoir... Latin America tutoie les ambiances crépusculaires de Christophe Beck – dont la BO du film Confidence demeure l'exemple le plus extraordinaire (au sens éthymologique du terme).


De la balade Stay Lit, au gai Silva & Grimes, du binaire SHT MTN à l'empressé Stilettos, aucune piste ne démérite : aucun décrochage possible n'est envisageable ni envisagé à bord de cet aéronef électro. Lucky, enfin, prépare la trop rapide sortie conclusive P.I.G.S.


Et j'en viens à la critique déjà formulée : si mes albums cultes se ramassent tous autour des trois quart d'heure, je suis resté frustré à la fin de cette parenthèse enchantée, qui n'a su remplir que le 1/5e de mon trajet en TGV.


Il ne me restera plus donc qu'à explorer leurs précédentes productions afin d'espérer nourrir mon été au soleil (et les 16 Go de mon iPhone).

samedi 5 juin 2010

outlandos summer mix volume #01 : old tunes mix (2010)


Deuxième avatar de ma quête égocentrée, voici un nouveau mix, cette fois-ci basé sur mes tendres souvenirs estivaux : fin des cours, espoirs fous d'une vie meilleure après deux pauvres mois à errer entre béton et nuits électroniques, orages colériques sur le midi toulousain...


Même format que le mix de printemps (fondu enchaîné, méticuleuse sélection des morceaux les mieux préservés de l'algorithme MP3, pas de diffusion en ligne), vraisemblablement même succès d'estime mais sentiment identique : soulagement et satisfaction du collectionneur qui a réussi à aligner l'essentiel.

Cette dernière assertion terriblement prétentieuse devra évidemment être mâtinée par une pointe de réalisme : il ne s'agit que d'un premier volume, tant le filon des 80's est riche.

On verra en début d'été prochain si je reste aussi motivé. Voici cette nouvelle liste, baptisée "old tunes", en 12 titres.

#01 - Pink Floyd | Learning To Fly
#02 - Genesis | Mama
#03 - Tears For Fears | Head Over Heels
#04 - Talk Talk | Life Is What You Make It
#05 - Billy Idol | Eyes Without A Face
#06 - Queen | Radiogaga
#07 - The Police | Tea In The Sahara
#08 - Kate Bush | Running Up That Hill
#09 - Peter Gabriel | Solsburry Hill
#10 - Art Mengo | La mer n'existe pas
#11 - Pat Metheny | Are You Going With Me ? (live from Travels)
#12 - Pat Metheny | Icefire

J'ai dit.

dimanche 25 avril 2010

Gorillaz - Plastic Beach (2010)

Annoncé comme le dernier opus du collectif/groupe/happening tracté par le duo Damon Albarn (mzk) / Jamie Hewlett (gfx) , Plastic Beach arrive à placer son auditeur sur l'orbite souhaitée...


Sur le papier : les collaborations s'annonçaient bluffantes (Lou Reed, Snoop Dog, Mos Def, Mick Jones etc etc). En pratique : le charme agit insidieusement au fur et à mesure des écoutes, justifiant ainsi certains commentaires désabusés de critiques n'y trouvant rien d'évident. Et pourtant.

Premier sorti des plages artificielles, le très urbain Stylo a placé sans aucun doute (Julien Courbet ne démentira pas) la barre très haut. Nappes, synthés binaires soutenus par Mos Def et Bobby Womack, rien ne jure dans ce titre trip-hop renvoyant directement aux meilleures pulsions de sympathie infinie provenant de leurs homologues de Massive Attack.

Le cadre est donc posé. Gorillaz achèvera son parcours sur une très sombre hip-hop, urbaine, anglo-saxone, bouclant ainsi ce cycle débuté fin 90', sur les cendres encore brûlantes de britpop (Blur), de trip/hip-hop et de dub.

Contrairement à de nombreux critiques, je reste bluffé de la paradoxale homogénéité se dégageant de titres semblant a priori antagonistes. De l'ouverture orchestrale (Orchestral intro) au ludique Superfast Jellyfish, la mayonnaise prend sans effort. Et l'on se dit à ce stade d'écoute : déjà 6 titres ?! et... mince encore 12 titres à ce rythme ?!

La course poursuite nous opposant au Murdoch virtuel se révèle tout aussi aérienne : soutenus par les brillantissimes Little Dragon, Gorillaz nous expédie un Empire Ants - finalement mon morceau préféré de ce printemps 2010 - qui scotchera les nostalgiques définitifs des lignes de basses électroniques se fondant à de prétentieuses rythmiques tout aussi synthétiques.

Sur ce parcours, vous ne pourrez qu'accepter de prendre en auto-stop un Lou Reed au flegme total jugeant définitivement de la nature des choses (Some Kind of Nature) ou de vous égarer sur une - très convenue et clichée mais imparable - colline emplie de mélancolie (On Melancholy Hill).

La conclusion s'effectue sur la même note orchestrale qu'à l'ouverture, nous laissant divaguer vers la possible conclusion sous-tendant l'ensemble de l'oeuvre (me laissant personnellement un goût de cartoon des fifties). Car Damon Albarn et Jamie Hewlett nous ouvrent bien au final des portes narratives illimitées, nous glissant une course-poursuite avec Bruce Willis de ci, un vol en deltaplane de là (cf. le jeu vidéo sur le site) et une trame d'intrigue (Murdoch se débarassant de ses pairs) : et si cela se terminait par un long métrage ?

vendredi 26 mars 2010

outlandos spring mix volume #01 : pop mix (2010)

Parce que l'on est jamais aussi bien servi que par soi-même, il fallait bien que j'arrive à élaborer, avec patience, constance et persévérance, ma playlist idéale.


De fil en aiguille, les exigences se sont accrues : et si les titres s'enchaînaient ? et si, malgré les fondus-enchaînés, l'on pouvait se déplacer directement vers le titre choisi ? et si l'on pouvait faire tenir le tout sur un compact-disc pour "la route" ?

Le premier volume vient donc de voir le jour. Pas de diffusion en ligne, droits d'auteurs obligent. J'en profiterai égoïstement - mon entourage proche étant seul admis à me solliciter pour le prêt de mon unique CD ou pour obtenir une connexion à mon profil Facebook.

En revanche rien ne m'interdit de faire la publicité des titres composant ce substantifique assemblage, vous invitant ainsi à recomposer vous-même cet enchaînement, à l'adapter, à vous en saisir.

Le thème retenu est celui du printemps. Saisons des souvenirs, des espoirs naissants - et déçus ? Saison qui me renvoie à la paradoxale douceur tolosane, qui seule arrive à mêler la nonchalance, aux accents rocailleux et aux dégaines rugueuses.

Voici donc cette liste, qui se concentre sur l'essentiel de MA pop musique, en 11 titres.

#01 - Pony Pony Run Run | Out of Control
#02 - Empire of The Sun | Walking on a Dream
#03 - MGMT | Electric Feel
#04 - Phoenix | Lisztomania
#05 - Benjamin Diamond | Deep Inside
#06 - General Electriks | Take Back The Instant
#07 - Bloc Party | Banquet
#08 - Poni Hoax | Antibodies
#09 - dEUS | What We Talk About
#10 - Phoenix | Too Young
#11 - Grizzly Bear | Two Weeks

jeudi 8 octobre 2009

Benjamin Diamond - Cruise Control (2008)

Comment se forger une notoriété dans le (très fermé) milieu de la French Touch ? Parmi les ingrédients demeurent avec certitude : un goût pour le pillage de toutes les résonances musicales s'échappant des années 70 /80, une furieuse empathie pour les déglingués du Dance Floor, un zest de mystère. Et pour cela, les plus censés auraient évité d'emprunter un nom de scène digne d'un acteur de l'écurie Marc Dorcel.


Cela n'a pourtant pas fait peur à notre Benjamin Cohen national, imaginant que ce blaze illustrerait à merveille ses multiples facettes, sa réelle complexité, touche à tout malin oscillant entre cinéma, animation glitter sur les dancefloors avec un des Daft Punk et production de pépites musicales.

Son troisième album, Cruise Control, publié en 2008 sous son propre label Diamondtraxx confirme - s'il en était besoin - la clairvoyance de ce garçon, capable en 11 titres, de fusionner cette culture pop qui a pétri nombre de trentenaires (presque) futurs quadra.

1000 lives (quasi autobiographique ?) ouvre cet album, et invite à une sympathique balade sous régulateur de vitesse... fraîche, entrainante, inoffensive, la mélodie vous berce gentiment vers des cieux bleutés couleur EDF.

Car le ton est donné : la seule rébellion perceptible dans ce LP réside dans la farouche volonté du diamantaire à s'abstraire des circuits habituels de diffusion. Le fond est consensuel, attendu, déjà entendu.

Mais on se surprend à se laisser porter, l'écoute d'affilée des 11 pistes permettant de condenser du Happy Mondays (Still), du Billy Idol (Baby's on Fire), du Billy Joël (l'éthéré The Letter)... sans donner l'impression de faire le grand écart.

Mention spéciale à l'imparable single Deep Inside, enlevé, urgent, nous renvoyant à nos espoirs naïfs d'adolescent soucieux de s'emparer du monde.

Alan Parson et U2 finissent de hanter l'album, Diamond se saisissant de leurs empreintes respectives dans This is it now et Miss U.

Le paradoxe de cet album est donc là : il renvoie nécessairement à autre chose, ne cesse de tendre des liens vers le passé et, au final, ne permet pas de saisir le véritable dessein de l'auteur : entertainement, certainement. Hommage patchwork aux années inspirées / bidonnées dans lesquelles nous avons tous les deux baignés : à coup sûr.

Mais il manque cette étincelle, que Air a su saisir dans son Love 2, découvrant un peu de leur complexité et les dépétrant de leur travers easy listening.

Au final, comme dirait un Cyril Lignac survitaminé aux projecteurs de M6, on prend du plaisir, c'est généreux, c'est gourmand. Et c'est bien la touche qui continue à titiller la partie gauche de notre crâne après l'écoute de l'album... Pour éphémère que soit cette oeuvre, elle découvre au long cours une réelle sensibilité, altruiste, qui n'a d'autre prétention que d'offrir de bons moments.

En soi, n'est-ce déjà pas une réussite ?




dimanche 13 septembre 2009

Little Boots - Hands (2009)

Petites bottes, petits pas ?


En réalité, la jeune Victoria Hesketh marche dans les pas de géant de quelques illustres aînées, tel Goldfrapp, Lily Allen, Katy Perry. Et ce premier album, léger, pop, rafraîchissant résonne d'autres références (Human League, Captain Beefheart).

Citons le titre ouvrant le LP, titillant le timbre d'Alison Goldfrapp (New In Town), et signifiant clairement ses ambitions : attention les viocs, je débarque, va falloir me faire de la place... Quitte à vous déboulonner au besoin (le deuxième single issu de l'album, Remedy, énonce clairement l'absence de crainte de l'anglo-saxonne face aux prédateurs de tout poil).
Le problème avec cette jeune bricoleuse électro, toute fraîche éclose de la formation Dead Disco, c'est que l'on ne sait pas où elle va pencher, succès aidant. Aspirée par la peopolisation (le mot est aussi laid que la réalité à laquelle il renvoie), Little Boots risque fort de perdre rapidement son statut précaire d'espoir décalé / talentueux si elle n'y prend garde.

Les prestations scéniques rassurent pourtant, malgré les soirées de picole avec les Killers : les titres Mathematics et Symmetry méritent tout le respect du critique/blogueur que je suis. Allez, en abusant, on irait même jusqu'à dire que Tune Into My Head invoquerait presque Kate Bush à notre chevet.

Accrochez-vous Mademoiselle ! La singularité ne se conserve qu'au prix d'un effort sur-humain : ne jamais arracher ses racines.


vendredi 26 juin 2009

Phoenix - Wolfgang Amadeus Phoenix (2009)

Voilà des années, il ne me semblait pas surprenant de tomber sur des pépites musicales en filon, se succédant dans un seul et même album. Depuis lors, l'âge aidant - et devenant peut-être plus acariâtre - j'arrivais à trouver systématiquement le(s) titre(s) qui clochaient dans toute production. Pour dire, le dernier coup de coeur intégral et immédiat remonte pour ma part à Discovery des versaillais Daft Punk.


Air des Yvelines aidant vraisemblablement, seul un groupe d'hurluberlus ayant frayé avec les humains casqués pouvait relever ce défi intime.

Phoenix, crées en 1995 et connus en 1999 avec l'imparable If I ever feel better, se sont immiscés sans crier gare le 25 mai 2009 (voire le 23 février avec la publication gratuite de 1901) au Panthéon de la pop.

Prétentieux de prime abord, le titre de l'album situe sans ambiguïté le challenge relevé. Et réussi.

En effet, de Litzomania à Armistice, aucun titre ne jure dans cette production millimétrée par Philippe Zdar (de Cassius). Patient, mesuré, adapté, juste et rigoureux, le LP distille avec une expérience en rien prétentieuse une leçon de pop inspirée. Osant même chasser sur les terres américaines le 4 avril 2009, avec un passage extraordinaire au Saturday Night Live de NBC, Phoenix démontre avec brio qu'il mérite un statut qu'il ne revendique pas : celui de groupe français de cette fin de décennie.

Leur récent live à La Cigale n'a d'ailleurs pas manqué de confirmer l'aisance énervante du groupe - sauf ce gros plantage sur Love Like a Sunset qui ressemblait à une grosse bouillie. Même les sourires de Sofia Coppola en coulisse n'ont pas réussi à éclipser le naturel éblouissant des versaillais.

Les esprits chagrins relèveront avec une certaine perfidie la capacité du groupe à remplir leurs albums de titre, au final, identiques (homogènes ?)... ou noteront avec acidité la relative faiblesse des trois derniers titres.

J'assume pour ma part une position totalement dénuée d'objectivité en rappelant que la scène française ne nous avait pas servi d'OVNI de cette taille depuis des années, méritant ainsi de ne pas céder à cette habitude détestable de tout critique en herbe : parsemer son appréciation de contrepoints négatifs pour (tenter de) faire preuve de pertinence.

Je vous avouerai donc dans cette production de haute tenue, ma totale fascination pour Fences, qui mêle avec une dextérité et une maturité hors norme les basiques de le pop : un refrain entêtant et rafraîchissant soutenue par une rigueur rythmique sans faille.

Au final, l'achat de l'album paraît incontournable en cette année 2009, sauf à vouloir vivre hors de l'air du temps si savamment capté par Thomas Mars et sa bande (ou à s'exposer à un passage en correctionnelle au visa de la loi Hadopi 2).

 
outlandos@outlandos.net | MyBlogLog | Technorati | Flickr | del.ici.ous | Creative Commons License